Le Burkina Faso dispose d’un nouveau cadre stratégique pour renforcer la lutte contre le VIH, le Sida et les infections sexuellement transmissibles (IST). Réunis ce mercredi 28 octobre 2026 à Ouagadougou, les membres du Conseil national de lutte contre le Sida et les IST (CNLS-IST) ont adopté le Plan stratégique national (PSN-SIDA) 2026-2030. Ce document fixe notamment comme ambitions de réduire de 95 % les nouvelles infections et la mortalité liée au VIH, tout en renforçant la prise en charge des personnes vivant avec le virus.
La lutte contre le VIH/Sida au Burkina Faso entre dans une nouvelle phase. Après cinq années de mise en œuvre du Cadre stratégique national 2021-2025, les acteurs de la riposte entendent consolider les acquis et relever les défis persistants, notamment en matière de dépistage, de traitement et de financement. C’est dans cette perspective que s’est tenue la 23e session ordinaire du Conseil national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles, au siège de son Secrétariat permanent, à Ouagadougou.
Les travaux ont été présidés par le ministre, directeur de cabinet de la Présidence du Faso, le capitaine Martha Céleste Anderson Dekomwin Medah, représentant le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, président du CNLS-IST. Le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, premier vice-président du Conseil, a également pris part à la rencontre.
Au programme figuraient l’examen des recommandations issues de la précédente session, l’évaluation du Plan national multisectoriel (PNM) 2025 et l’adoption du nouveau Plan stratégique national 2026-2030.

Une prévalence de 0,5 %, mais des défis persistants
Dans son allocution d’ouverture, le représentant du chef de l’État a salué les efforts des professionnels de santé, des acteurs communautaires et des partenaires techniques et financiers engagés dans la lutte contre le VIH/Sida. Il a également rendu hommage aux personnes vivant avec le VIH décédées, avant de souligner l’importance de cette session, qui marque la fin d’un cycle stratégique et le début d’une nouvelle étape.
Selon les données présentées au cours des travaux, le Burkina Faso a maintenu en 2025 son taux de prévalence du VIH à 0,5 %, tandis que 87 534 personnes bénéficiaient d’un traitement antirétroviral. Malgré ces acquis, plusieurs difficultés continuent de freiner les efforts d’élimination de l’épidémie. Elles concernent notamment l’accès aux examens de mesure de la charge virale, la prise en charge des enfants vivant avec le VIH, la prévention auprès des populations les plus exposées et les résistances aux traitements.
Le financement de la riposte constitue également un enjeu majeur. À ce sujet, le représentant du président du Faso a réaffirmé l’engagement du gouvernement à maintenir la gratuité des traitements antirétroviraux et des examens de suivi biologique. Il a également annoncé la volonté des autorités d’accroître progressivement les ressources nationales consacrées à cette lutte. Le nouveau plan stratégique prévoit ainsi de porter la contribution de l’État à au moins 50 % du financement de la riposte d’ici 2030. Prenant la parole au nom des partenaires techniques et financiers, Ernest Moïse Mushekuru a salué les résultats enregistrés par le Burkina Faso, tout en rappelant la nécessité d’intensifier les efforts pour améliorer la suppression de la charge virale, renforcer les soins pédiatriques et combattre la stigmatisation et la discrimination. Il a réaffirmé la disponibilité des partenaires à poursuivre leur accompagnement auprès des autorités burkinabè.
Réduire de 95 % les nouvelles infections et les décès liés au VIH
L’un des principaux résultats de cette 23e session ordinaire reste l’adoption du Plan stratégique national de lutte contre le VIH, le Sida et les IST pour la période 2026-2030. Ce nouveau document repose sur quatre grands résultats d’impact. Il vise à réduire de 95 % les nouvelles infections à VIH et de 95 % la mortalité liée au virus et aux maladies associées. Il ambitionne également d’améliorer la qualité de vie de 95 % des personnes vivant avec le VIH, des orphelins et enfants vulnérables ainsi que des populations à risque. Le quatrième axe porte sur la mise en place de mécanismes de gouvernance solides et durables. Pour atteindre ces objectifs, les membres du Conseil ont recommandé de renforcer les approches différenciées de prestation des services de santé afin de progresser vers les cibles internationales « 95-95-95 ».
Une attention particulière devra être accordée au dépistage précoce des enfants et à leur accès équitable aux traitements antirétroviraux. Les participants ont également insisté sur la nécessité de prendre en compte les besoins spécifiques des personnes affectées par la crise sécuritaire et humanitaire, notamment les personnes déplacées internes et celles retournées dans leurs localités. La mobilisation des ressources, la coordination entre les différents intervenants et l’alignement des actions sur les priorités nationales figurent aussi parmi les recommandations formulées.
Au cours de la session, plusieurs catégories d’acteurs, notamment les enfants, adolescents et jeunes vivant avec le VIH, les représentants communautaires, les gouverneurs, les autorités coutumières et religieuses ainsi que les partenaires techniques et financiers, ont renouvelé leur engagement dans la riposte.
À la clôture des travaux, le capitaine Martha Céleste Anderson Dekomwin Medah a félicité les participants pour la qualité des échanges et les décisions prises. Il a instruit le Secrétariat permanent du CNLS-IST de finaliser le nouveau plan stratégique, de traduire ses orientations dans le Plan national multisectoriel 2027 et de mettre en place un mécanisme de suivi des recommandations.
Avec l’adoption du PSN-SIDA 2026-2030, le Burkina Faso entend ainsi renforcer ses interventions pour prévenir les nouvelles infections, améliorer l’accès aux soins et progresser vers l’élimination du Sida comme menace de santé publique à l’horizon 2030.


FasoMag


