En séjour à Moscou dans le cadre du troisième Sommet Russie-Afrique, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a réaffirmé la volonté du Burkina Faso de construire des partenariats internationaux fondés sur le respect mutuel et la souveraineté nationale. Dans un entretien accordé au média Russia Today (RT), le mardi 27 octobre 2026, il est revenu sur les relations avec la France, le rapprochement avec la Russie, la situation sécuritaire et les ambitions économiques du pays.
Le Burkina Faso entend diversifier ses partenariats sans se placer sous la tutelle d’une quelconque puissance étrangère. C’est le message défendu par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo au cours d’un entretien d’une trentaine de minutes avec le journaliste Igor Kurashenko, du média russe RT.
Interrogé sur la rupture avec la politique française et le renforcement des relations avec Moscou, le chef du gouvernement a expliqué que les choix diplomatiques du Burkina Faso répondent avant tout à une volonté d’indépendance et de maîtrise de son destin.
« Nous n’avons rien contre le peuple français », a-t-il précisé, tout en dénonçant les rapports de domination, les ingérences et les accords qu’il juge déséquilibrés.
Face aux critiques présentant le rapprochement avec la Russie comme une nouvelle forme de dépendance, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a défendu une autre lecture de cette coopération.
« Nous avons quitté un type de coopération pour un autre type de coopération », a-t-il déclaré, insistant sur la volonté des autorités burkinabè de privilégier des relations transparentes, équilibrées et mutuellement bénéfiques.
Formation, transformation locale et sécurité au cœur des priorités
Au-delà des considérations diplomatiques, le Premier ministre a évoqué les attentes concrètes du Burkina Faso dans le cadre de ses relations avec la Russie.
Il a notamment mis l’accent sur la formation des ressources humaines, le transfert de technologies et le renforcement des capacités nationales de production. L’objectif affiché est de permettre au pays de produire davantage pour satisfaire ses besoins alimentaires, mais aussi de transformer localement ses ressources minières afin d’en tirer une plus grande valeur ajoutée.
Ces orientations s’inscrivent, selon le chef du gouvernement, dans la vision de souveraineté économique portée par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
La situation sécuritaire a également occupé une place importante dans les échanges. Le Premier ministre a fait état d’une amélioration progressive de la situation sur le terrain, évoquant notamment la consolidation de plus de 74 % du territoire national.
Il a expliqué que ce taux concerne les zones reconquises et durablement sécurisées, où des populations précédemment déplacées ont pu se réinstaller.
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également souligné la contribution de la coopération russe au renforcement des capacités opérationnelles des Forces combattantes, notamment à travers la maîtrise des équipements et la formation.
Enfin, le chef du gouvernement est revenu sur la dynamique de souveraineté engagée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Il a dénoncé les campagnes de désinformation visant, selon lui, les trois pays et plaidé pour des relations internationales respectueuses des choix des peuples.
À travers cet entretien, le Premier ministre a réaffirmé l’orientation diplomatique du Burkina Faso : développer des coopérations capables de soutenir ses ambitions économiques et sécuritaires, tout en préservant sa liberté de décision.
Source : DCRP/Primature FasoMag


