Emballages locaux : Avec Natuco, les produits burkinabè veulent changer de visage

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De la farine aux infusions, en passant par les épices, les céréales ou encore les produits artisanaux, de nombreux produits burkinabè peinent encore à se faire une place sur les étals et dans les rayons. Non pas toujours en raison de leur qualité, mais parce que leur présentation ne leur permet pas de rivaliser avec des produits mieux conditionnés. À travers Natuco SAS, Kevin Dipama et ses associés veulent faire de l’emballage un véritable levier de valorisation du « consommer local », tout en ouvrant la voie à des solutions plus respectueuses de l’environnement.

Sur un marché, dans une boutique ou dans une grande surface, la première rencontre entre un produit et son potentiel acheteur ne se fait pas nécessairement par le goût. Elle se fait d’abord par le regard. Avant de savoir ce que contient un paquet de farine, une boîte d’infusion ou un sachet d’épices, le consommateur observe son apparence. Il cherche un nom, une marque, une origine, un poids, des informations qui peuvent le rassurer. Cette première impression peut suffire à attirer son attention… ou à le faire passer à côté d’un produit pourtant de qualité. Au Burkina Faso, cette réalité constitue encore un défi pour de nombreux producteurs et transformateurs. Des produits locaux existent, sont fabriqués avec savoir-faire, mais restent parfois présentés dans des emballages peu adaptés, difficilement identifiables ou sans véritable identité visuelle. C’est précisément sur ce terrain que Natuco SAS entend intervenir.

L’emballage, bien plus qu’un contenant

Pour Kevin Dipama, cofondateur et directeur général de Natuco, l’emballage ne doit plus être considéré comme un simple accessoire ajouté à la fin du processus de production. Il constitue un maillon à part entière de la chaîne de valorisation.« Votre produit mérite mieux qu’un emballage choisi au dernier moment », lance-t-il aux entrepreneurs burkinabè. Cette vision résume l’approche développée par Natuco : accompagner les producteurs, les transformateurs, les coopératives, les associations et les jeunes entreprises dans la conception d’emballages adaptés à leurs produits et à leurs ambitions. L’objectif est double. Il s’agit d’abord de protéger le produit. Mais il faut également lui donner une identité, le rendre reconnaissable et permettre au consommateur de comprendre rapidement ce qu’il achète. Formats adaptés, étiquettes personnalisées, fenêtres de visibilité, informations sur le produit ou encore possibilités de QR code pour renforcer la traçabilité : l’emballage devient ainsi un outil de communication. Un bon emballage ne remplace évidemment pas la qualité du produit. Il peut cependant permettre à cette qualité d’être mieux perçue. Une farine locale correctement conditionnée n’est plus seulement une farine. Elle devient le produit d’une marque identifiable. Une infusion peut raconter son origine. Une épice peut être reconnue d’un achat à l’autre. Le consommateur peut mémoriser le nom, retrouver le produit et, progressivement, développer une relation de confiance avec la marque.

Emballage d’une infusion de petit cola

Le développement du « consommer local » pose une question qui dépasse la seule production : comment faire en sorte que les produits burkinabè soient suffisamment visibles et attractifs pour conquérir durablement les consommateurs ? Pour Natuco, la réponse passe aussi par le conditionnement. Un produit peut être excellent et pourtant perdre en visibilité face à un concurrent dont la présentation paraît plus professionnelle. L’emballage devient alors un facteur de compétitivité. Investir dans son conditionnement ne revient donc pas uniquement à acheter un sachet ou une boîte. C’est aussi investir dans l’image de son entreprise, dans la reconnaissance de sa marque et dans la confiance du consommateur. Cette démarche rejoint l’ambition portée autour de la valorisation des produits locaux et de la souveraineté économique. Pour les entrepreneurs, il ne suffit plus de produire. Il faut aussi savoir présenter, raconter et commercialiser ce que l’on produit. Natuco veut ainsi contribuer à faire évoluer le regard porté sur les produits fabriqués au Burkina Faso : des produits qui n’ont pas à être moins bien présentés parce qu’ils sont locaux.

Quand l’écologie rencontre le commerce

L’autre dimension défendue par Natuco concerne l’environnement. La question des emballages ne peut en effet être dissociée de celle des déchets. Au Burkina Faso, la problématique des sachets et emballages plastiques s’inscrit dans un contexte où les autorités encouragent le recours à des alternatives plus respectueuses de l’environnement. Pour Natuco, cette évolution peut également devenir une opportunité pour les entreprises locales. Les solutions réutilisables ou biodégradables ne doivent toutefois pas être choisies uniquement parce qu’elles portent l’étiquette « écologique ». Leur pertinence dépend de plusieurs facteurs : leur résistance, leur usage réel, la quantité de matière utilisée, leur possibilité de réemploi ou de valorisation en fin de vie, mais aussi leur conformité aux exigences applicables. L’enjeu est donc de trouver le juste équilibre entre protection du produit, coût, praticité, exigences sanitaires et impact environnemental. C’est dans cette logique que Natuco propose notamment des solutions d’emballages adaptées aux besoins des producteurs et transformateurs. L’entreprise défend une approche pragmatique : il ne s’agit pas de suivre une tendance, mais de rechercher une solution qui fonctionne réellement pour le produit, l’entreprise et le consommateur.

Une histoire d’entrepreneuriat et d’engagement environnemental

Cette volonté de rapprocher économie et environnement n’est pas étrangère au parcours de Kevin Dipama. Enfant, il regardait ses parents s’épuiser sur des terres appauvries. Cette réalité a progressivement nourri chez lui une conviction : la nature peut réparer une partie de ce que l’homme a dégradé. Ingénieur en eau et environnement formé à l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE), il travaille sur la restauration des bassins versants du Burkina Faso aux côtés des communautés.

Sa réflexion se poursuit également dans le cadre d’une thèse consacrée à l’étude du vétiver, une plante dont les propriétés peuvent notamment contribuer à retenir les sols et à filtrer l’eau. Mais Kevin Dipama n’a pas choisi de rester uniquement dans la recherche ou l’action environnementale. Avec ses associés, il a également fait le pari de l’entrepreneuriat. L’aventure Natuco débute en 2017 dans le cadre d’un concours d’entrepreneurs de 2iE. L’entreprise est officiellement créée en 2019 avant d’intégrer, en 2022, la production d’emballages et la création d’identité visuelle. Depuis, Natuco travaille avec des PME, des coopératives, des associations et des transformateurs agroalimentaires pour les aider à mieux présenter leurs produits et à renforcer leur visibilité.

À travers cette démarche, Natuco veut finalement déplacer le regard : l’emballage ne doit plus être pensé après le produit, mais avec lui. Parce qu’il protège, informe, différencie et raconte, il peut devenir un véritable outil de développement pour les petites entreprises. « L’emballage est une signature », rappelle Kevin Dipama. Une signature qui peut porter le nom d’une marque, son origine, son histoire et son ambition. Mais aussi une signature qui peut traduire un choix : celui de produire et de conditionner localement, tout en intégrant progressivement des préoccupations environnementales. Pour les producteurs, transformateurs et entrepreneurs burkinabè, le défi est désormais de transformer cette attention portée à l’emballage en avantage concret. Natuco veut les accompagner dans ce passage, avec une idée simple : un bon produit mérite d’être protégé, reconnu et présenté à sa juste valeur. Dans cette perspective, l’emballage devient plus qu’un contenant. Il devient un premier contact avec le client, un outil de confiance et un moyen de faire vivre une marque. Et derrière cette ambition commerciale se dessine une conviction plus large : écologie et développement local ne sont pas nécessairement deux chemins différents. Ils peuvent avancer ensemble, à condition de construire des solutions adaptées aux réalités du terrain.

Située à Karpala, non loin du cimetière de Karpala, Natuco accompagne les producteurs, transformateurs, coopératives, associations et jeunes entreprises dans leurs besoins en emballage et en valorisation de produits.

Contact :

Email : Natuco.bf@gmail.com

Téléphone : 75 73 01 01

Fasomag

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