Au Mali, des visuels appelant ouvertement à soutenir l’excision circulent actuellement sur les réseaux sociaux. « Oui à l’excision », peut-on notamment y lire, avec des images de plusieurs personnalités et un argumentaire présenté sous le slogan : « Nous voulons la protéger ». Une communication qui relance le débat sur une pratique dont les conséquences sanitaires et psychologiques sont pourtant largement documentées.
Derrière les arguments liés à la tradition, à la protection des filles ou encore aux valeurs sociales, se trouve une réalité sanitaire difficile à ignorer. Les mutilations génitales féminines (MGF) désignent toute intervention consistant à retirer une partie ou la totalité des organes génitaux externes féminins, ou à les blesser, pour des raisons non médicales. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle qu’elles ne présentent aucun bénéfice pour la santé et constituent une violation des droits humains des filles et des femmes.
Au Mali, le phénomène demeure particulièrement préoccupant. Selon l’UNICEF, près de huit millions de filles et de femmes maliennes ont subi une mutilation génitale féminine. L’organisation relève également que la pratique intervient souvent très tôt, notamment avant l’âge de cinq ans.
La question dépasse donc celle d’une simple opposition entre tradition et modernité. Elle touche directement au droit des filles à disposer de leur corps, à leur santé et à leur dignité. Le débat sur l’excision mérite ainsi d’être mené avec des faits, des données médicales et la parole des survivantes, plutôt qu’avec des arguments susceptibles de banaliser une pratique dont les risques sont établis.
Les conséquences ne s’arrêtent pas au jour de l’excision. Les MGF peuvent provoquer des douleurs intenses, des hémorragies, des infections, des difficultés à uriner ou encore un état de choc. À long terme, elles peuvent entraîner des douleurs menstruelles, des infections, des difficultés lors des rapports sexuels, des troubles psychologiques et des complications pendant l’accouchement. Dans certains cas, elles peuvent même entraîner la mort.
En 2026, plus de 4,5 millions de filles dans le monde sont encore exposées au risque de subir une mutilation génitale. La question demeure donc entière : comment protéger réellement les filles ? La réponse ne peut être une pratique qui altère leur corps et les expose à des conséquences parfois irréversibles.
Faso MAG


